mardi 30 septembre 2008

rencontre, DIII



O les jardins d'amour où fleurissent les lèvres !






Souvenir persistant des amoureuses fièvres
Musique des baisers que l'on n'entendra plus
Intimité défunte où tant elle se plut
Calme profond des yeux où parlait le silence
Air murmuré parfois d'une ancienne romance
Parfum que l'on retrouve au hasard du chemin
Joie éteinte d'hier, angoisse de demain
De ces regrets amers sont faits mes rêves mièvres


O les jardins d'amour où fleurissent les lèvres !



rencontre, DII


là-bas il n'y aura que l'herbe et toi
pense au silence d'un paysage heureux
où glissent les troupeaux de laine
je vivrai dans tes yeux pour oublier la ville
avec un toit de chaume
à l'heure profonde des enfants
pense aux midis blancs
aux fraîcheurs nocturnes
au rayonnement du pain sur la table
aux soleils frais de septembre




quand nous tendrons les bras vers les feuilles d'eau


rencontre, DI



Let me breathe in for a long, long time the scent of your hair, let me plunge my entire face into it, like a thirsty man into the water of a spring, and let me wave it in my hand like a scented handkerchief, to shake memories into the air.

If you could only know all that I see ! All that I feel ! All that I hear in your hair ! My soul voyages upon perfume just as the souls of other men voyage upon music.

Your hair contains a dream in its entirety, filled with sails and masts ; it contains great seas whose monsoons carry me toward charming climes, where space is bluer and deeper, where the atmosphere is perfumed by leaves and by human skin.

In the ocean of your hair, I glimpse a port swarming with melancholy songs, with vigorous men of all nations, and with ships of all shapes silhouetting their refined and complicated architecture against an immense sky in which eternal warmth saunters.

In the caresses of your hair, I find again the languors of long hours passed upon a divan, in the cabin of a beautiful ship, rocked by the imperceptible rolling of the port, between pots of flowers and refreshing jugs.

In the ardent hearth of your hair, I breathe the odor of tobacco mixed with opium and sugar ; in the night of your hair, I see the infinity of tropical azur resplendent; on the downy shores of your hair I get drunk on the combined odors of tar, of musk, and of coconut oil.






Let me bite into your heavy black tresses for a long time. When I nibble at your elastic hair, it seems to me that I am eating memories.



lundi 29 septembre 2008

rencontre, D



LES CINQ CENTS







Les cinq cents. Ces déjà cinq cents messages que je jetai dans cette curieuse fenêtre que vous avez peut-être ouverte, une ou bien plusieurs fois. Ces cinq cents petites bouteilles trempées dans un vers incertain de mots et d'images, changeant au gré de ces vagues de ciels et de nuits qu'on appelle ordinairement les jours, ces cinq cents petites bouteilles malléables et fermes à la fois, sombres et claires tout en même temps, imperceptibles souvent, mais à celles et ceux qui surent les voir, je l'espère utiles, sinon agréables.

Tel fut mon désir. Un désir à l'image de cette mer qui nous porte, vous et moi, et dont bien des rives nous échappent encore, et dont bien des dessins n'appartiennent qu'à nos rêves.

Mais au fond, n'est-ce pas ces rêves-là et ceux-là seuls que nous courons ?

Alors, il faut poursuivre.



dimanche 28 septembre 2008

rencontre, CDXCIX


Les doux Dimanches de septembre où les feuilles sont encore sur les arbres, comme les ailes dans le dos des corps, avec le soleil pour leur servir de coeur... Tout ceci, ma Belle, Belle Amie,
et quelques secrets de la beauté du monde encore,





je te l'offre



samedi 27 septembre 2008

rencontre, CDXCVIII



APRES L'AMOUR,






27 septembre 2008



rencontre, CDXCVII


Ton Souvenir est comme un livre bien aimé,

Qu'on lit sans cesse, et qui jamais n'est refermé,





Un livre où l'on vit mieux sa vie, et qui vous hante
D'un rêve nostalgique, où l'âme se tourmente.
Je voudrais, convoitant l'impossible en mes voeux,
Enfermer dans un vers l'odeur de tes cheveux ;
Ciseler avec l'art patient des orfèvres
Une phrase infléchie au contour de tes lèvres ;
Emprisonner ce trouble et ces ondes d'émoi
Qu'en tombant de ton âme, un mot propage en moi ;
Dire quelle mer chante en vagues d'élégie
Au golfe de tes seins où je me réfugie ;
Dire, oh surtout ! tes yeux doux et tièdes parfois
Comme une après-midi d'automne dans les bois ;
De l'heure la plus chère enchâsser la relique,
Et, sur le piano, tel soir mélancolique,
Ressusciter l'écho presque religieux






D'un ancien baiser attardé sur tes yeux.




vendredi 26 septembre 2008

rencontre, CDXCVI



On me reprocha si souvent la rigueur apollinienne... Mais étais-je jamais vêtue d'une autre robe que celle de son nom ? Celle-là me porta si longtemps dans son tissu de lumière, si longtemps depuis des siècles, si longtemps même avant le temps... Que je finis par faire corps avec elle, que je finis par ne plus me satisfaire de l'étroite vêture d'un seul sexe.
Fils fragiles qui font tantôt des filles, tantôt des fils, dans l'écheveau sans fin du nombre de nos multitudes...


J'écris ainsi surgie de ce jeu qui n'a ni n'aura de cesse






à nu parmi des mots qui ne sauraient se suffire



jeudi 25 septembre 2008

rencontre, CDXCV



Soirs de Paris ivres de gin

Flambant de l'électricité






Les tramways feux verts sur l'échine







Musiquant au long des portées







De rails leur folie de machines



rencontre, CDXCIV



Ô mon automne,







mon Amour vêtu de noire et d'autres...



mercredi 24 septembre 2008

mardi 23 septembre 2008

rencontre, XDXCI



Encore que cette saison nouvelle
puisse m'être à la longue agréable.

A la longue.

Donc,
A elle aussi de les faire,





ses preuves.



lundi 22 septembre 2008

rencontre, XDXC


Automne malade et adoré

Tu mourras quand l'ouragan soufflera dans les roseraies

Quand il aura neigé

Dans les vergers

Pauvre automne

Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel

Des éperviers planent

Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n'ont jamais aimé


Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé


Et que j'aime ô saison que j'aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu'on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille

Les feuilles
Qu'on foule
Un train
Qui roule
La vie





S'écoule


dimanche 21 septembre 2008

rencontre, CDLXXXIX



Ô Belle







Saison

me reviendras-tu telle








QUE NOUS NOUS AIMIONS ?



samedi 20 septembre 2008

rencontre, CDLXXXVIII



Enfantines, 7







La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.







C’était le jour béni de ton premier baiser.



rencontre, CDLXXXVII



Enfantines, 6






Alice







and the Cheshire Cat



rencontre, CDLXXXVI



Enfantines, 5






la pirate







rencontre, CDLXXXV



Enfantines, 4






la jeune fille







et la mort



vendredi 19 septembre 2008

rencontre, CDLXXXIV



Enfantines, 3






la petite belle







et la petite bête



jeudi 18 septembre 2008

rencontre, CDLXXXII



Enfantines, 1







songe






d'une nuit de vieil été



rencontre, CDLXXXIII



Enfantines, 2






la bataille







de l'Amour



mercredi 17 septembre 2008

rencontre, CDLXXXI


Madame, je vous donne un oiseau pour étrenne
Duquel on ne saurait estimer la valeur ;
S'il vous vient quelque ennui, maladie ou douleur,
Il vous rendra soudain à votre aise et bien saine.

Il n'est mal d'estomac, colique ni migraine
Qu'il ne puisse guérir, mais sur tout il a l'heur
Que contre l'accident de la pâle couleur
Il porte avecque soi la drogue souveraine.

Une dame le vit dans ma main, l'autre jour
Qui me dit que c'était un perroquet d'amour,
Et dès lors m'en offrit bon nombre de monnoie

Des autres perroquets il diffère pourtant :
Car eux fuient la cage, et lui, il l'aime tant




Qu'il n'y est jamais mis qu'il n'en pleure de joie.


mardi 16 septembre 2008

rencontre, CDLXXX


Les baigneuses,





extérieur jour




intérieur nues


lundi 15 septembre 2008

rencontre, CDLXXIX



Septembre, vendanges





vin d'anges






si ce n'est miel






de mon Amour



dimanche 14 septembre 2008

rencontre, CDLXXVIII



Message in a Sandy bottle :









I







LOVE YOU



rencontre, CDLXXXVII


Ô beaux yeux bruns de ma maîtresse,
Ô bouche, ô front, sourcil, et tresse,
Ô ris, ô port, ô chant et voix,
Et vous, ô grâces que j'adore !
Pourrai-je bien quelque autrefois
Vous voir et vous ouïr encore
Comme je fis en l'autre mois ?





Rivages, monts, arbres et plaines,
Rivières, rochers et fontaines,
Antres, forêts, herbes et prés,
Voisins du séjour de la belle,

Et vous petits jardins secrets,
Je me meurs pour l'absence d'elle,






Et vous vous égayez auprès...



samedi 13 septembre 2008

rencontre, CDLXXVI



Poitrine collée contre poitrine et sein contre sein,






mes lèvres pressant les douces lèvres

d'Antigone et ma peau touchant sa peau... le reste






je le tais, il n'y a eu qu'un témoin officiel : la lampe.



rencontre, CDLXXV



Pleurez, doux alcyons, ô vous, oiseaux sacrés,

Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez.

Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine.






Un vaisseau la portait aux bords de Camarine.

Là l'hymen, les chansons, les flûtes, lentement,

Devaient la reconduire au seuil de son amant.

Une clef vigilante a pour cette journée


Dans le cèdre enfermé sa robe d'hyménée

Et l'or dont au festin ses bras seraient parés

Et pour ses blonds cheveux les parfums préparés.

Mais, seule sur la proue, invoquant les étoiles,


Le vent impétueux qui soufflait dans les voiles

L'enveloppe. Étonnée, et loin des matelots,

Elle crie, elle tombe, elle est au sein des flots.

Elle est au sein des flots, la jeune Tarentine.

Son beau corps a roulé sous la vague marine.

Thétis, les yeux en pleurs, dans le creux d'un rocher

Aux monstres dévorants eut soin de la cacher.

Par ses ordres bientôt les belles Néréides

L'élèvent au-dessus des demeures humides,

Le portent au rivage, et dans ce monument

L'ont, au cap du Zéphir, déposé mollement.

Puis de loin à grands cris appelant leurs compagnes,

Et les Nymphes des bois, des sources, des montagnes,

Toutes frappant leur sein et traînant un long deuil,

Répétèrent : « hélas ! » autour de son cercueil.

Hélas ! chez ton amant tu n'es point ramenée.

Tu n'as point revêtu ta robe d'hyménée.

L'or autour de tes bras n'a point serré de noeuds.






Les doux parfums n'ont point coulé sur tes cheveux...



rencontre, CDLXXIV


Se eseguendo questo semplice atto :
respirare i capelli dell’amata
non si rischia la vita
non s’ipoteca il destino
dall’ultimo atomo del nostro sangue
all’astro più lontano

se in questo frammento di tempo
in cui tutto si compie
sul corpo dell’amata
non si chiariscono completamente
le nostre interrogazioni, inquietudini
e aspirazioni più contraddittorie

allora l’amore è effettivamente
come dicono i porci
un’operazione digestiva
di propagazione della specie

Per me gli occhi dell’amata
sono gravi e velati
come qualsiasi astro
e in anni luce
dovrebbe misurarsi l’irraggiamento
del suo sguardo

Si direbbe che la relazione di causalità
tra le maree
e le fasi della luna
è meno strana
che questo scambiarsi di sguardi (bagliori)
dove si danno appuntamento
come in un bagno cosmico
il mio destino
e quello dell’intero universo

Se muovo la mia mano
verso il seno dell’amata
non sono sorpresa
di vederlo all’improvviso
coperto di fiori

o che d’improvviso faccia notte
e mi portino una lettera chiusa
dentro mille buste

In queste regioni inesplorate
che ci offrono continuamente
l’amata

l’amata, lo specchio, la tenda
la sedia

cancello con voluttà
l’occhio che ha già visto
le labbra che hanno già baciato
e il cervello che ha già pensato
come fiammiferi
che non servono che una volta



Tutto deve essere reinventato


vendredi 12 septembre 2008