samedi 18 juillet 2009
vendredi 17 juillet 2009
rencontre, CMXLII
Rendre vivant le marbre
Ou l'albâtre fragile
Ou graver finement les médailles d'airain

Je n’aurais pas sculpté Jupiter souverain
Ni Phébus Apollon père du grand Virgile
Ni l’athlète vainqueur aux jeux d’un pied agile
Ni le cheval nerveux qui frémit sous le frein
Non ce que j’aurais fait de l’informe matière
De l’onyx du bronze sombre ou de la pierre
C’est ton visage clair rayonnant de beauté
C’est ton visage pervers et puéril de femme
Et dans mon œuvre j’aurais mis toute mon âme
Pour l’imposer splendide à l’immortalité
rencontre, CMXL
Parfois, dans l'entre-deux des chiens et des louves, un troublant soir d'été, un soir si suave et plein d'incertitudes, quelque visage aux angles ambigus me frôle, tentant sur mes lèvres rieuses la tiède audace d'un tout-premier baiser...
Mais hélas, voici déjà que le trahit ce fruit si défendu qui gonfle dans son cou,

petit homme à la pomme aux Edens abolis,
petite chair de poule où sourd déjà le poil amer,
petit ventre au sexe trop austère,

rencontre, CMXXXIX
J'adore la langueur de ta lèvre charnelle
Où persiste le pli des baisers d'autrefois.
Ta démarche ensorcelle,
Et la perversité calme de ta prunelle
A pris au ciel du nord ses bleus traîtres et froid.
Tes cheveux, répandus ainsi qu'une fumée
Clairement vaporeux, presque immatériels
Semblent, Ô bien-aimée,
Recéler les rayons d'une lune embaumée
D'une lune d'hiver dans le cristal des ciels.
Le soir voluptueux a des moiteurs d'alcôve ;
Les astres sont comme des regards sensuels
Dans l'éther d'un gris mauve,
Et je vois s'allonger inquiétant et fauve,
Le lumineux reflet de tes ongles cruels.
Sous ta robe, qui glisse en un frôlement d'aile
Je devine ton corps, les lys ardents des seins,
L'Or blême de l'aisselle,
Les flancs doux et fleuris, les jambes d'Immortelle
Le velouté du ventre et la rondeur des reins.
La terre s'alanguit, énervée, et la brise,
Chaude encore des lits lointains, vient assouplir
La mer enfin soumise...

Voici la nuit d'amour depuis longtemps promise
Dans l'Ombre je te vois divinement pâlir
jeudi 16 juillet 2009
mercredi 15 juillet 2009
rencontre, CMXXXIII
La maison serait pleine de roses et de guêpes.
On y entendrait, l’après-midi, sonner les vêpres ;
et les raisins couleurs de pierre transparente
sembleraient dormir au soleil sous l’ombre lente.
Comme je t’y aimerais ! Je te donne tout mon cœur
qui a vingt-quatre ans, et mon esprit moqueur,
mon orgueil et ma poésie de roses blanches ;
et pourtant je ne te connais pas, tu n’existes pas.
Je sais seulement que, si tu étais vivante,
et si tu étais comme moi au fond de la prairie,
nous nous baiserions en riant sous les abeilles blondes,
près du ruisseau frais, sous les feuilles profondes.
On n’entendrait que la chaleur du soleil.
Tu aurais l’ombre des noisetiers sur ton oreille,
puis nous mêlerions nos bouches, cessant de rire,
pour dire notre amour que l’on ne peut pas dire ;
et je trouverais, sur le rouge de tes lèvres,
le goût des raisins blonds, des roses rouges et des guêpes.
rencontre, CMXXXII
mardi 14 juillet 2009
lundi 13 juillet 2009
dimanche 12 juillet 2009
rencontre, CMXXVI
Un Dimanche à la montagne.
Le même jour qu'à la mer.

Les pieds dans l'eau fraîche, la tête un peu dans les nuages, tout ça me fait penser que le rêve a donc bien cette vertu de nous faire voir le monde tel qu'il est : un univers synchrone et syntope.
Comme hop !.. et encore hop !..
Outre le fait que ça nous fait de jolis mots, ça fait aussi que le soleil a rendez-vous avec la lune, que dans tes bras mes nuits sont blanches, que justement et simultanément, hop !, ta bouche et ma bouche se fondent en un un seul baiser.
rencontre, CMXXV

De ce rêve, de tous ces rêves dont on peut s'interroger sur l'essence, en effet, se demander qui les pénètre, au fond, dans le secret de notre sommeil, quel est le nom de ce génial Créateur qui ensemence ainsi son oeuvre aux champs de notre tête, nous ouvre ce monde au regard fertile que l'on devrait sans trêve porter sur lui
- pendant que par une cécité naturelle sans doute nous ne faisons quotidiennement que l'entrevoir, nous ne faisons en quelque sorte qu'y songer seulement, abandonnant si souvent à l'obscur ce qui fait sa lumière,

samedi 11 juillet 2009
rencontre, CMXXIII
rencontre, CMXXII
O toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
O boucles ! O parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.
J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :
Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.
Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !
Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.
Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?
vendredi 10 juillet 2009
rencontre, CMXXI

Corset apparu en 1842, et dont l'avantage était d'être bien plus agréable à porter tout en prenant mieux les hanches et la taille. Le corset «à la paresseuse» introduisait en outre une toute nouvelle technique de laçage grâce à laquelle les femmes pouvaient enfin se corseter seules.
Le délaçage, lui, offrant toujours la possibilité de se pratiquer à deux...
jeudi 9 juillet 2009
rencontre, CMXVIII
Juste ce doux dessin que dessineront mes doigts, demain, après-demain, un peu plus tard peut-être, qui sait, -il vous suffira dans ce cas d'en avoir la patience, de parcourir en vous sans trembler cette exquise et si troublante attente -

lorsque ces doigts les toucheront
alors
le plus beau des tableaux vivants

mercredi 8 juillet 2009
rencontre, CMXVII
Je me souviens encore d'un pays de soleil aux très obscures mélancolies. Mon enfance courut longtemps parmi des oxymores, des figures où des masques avaient de très beaux yeux.
Puis je dus fuir, la guerre a ses raisons que la douceur ignore.
Fille inconnue du vieil Ulysse, on dit encore que Circé fut ma mère.
Je l'ignore.

Je ne connais que la beauté des femmes et le charme des mots.
mardi 7 juillet 2009
rencontre, CMXV
Ces deux yeux bruns, deux flambeaux de ma vie,
Dessus les miens respandant leur clarté,
Ont esclave ma jeune liberté,
Pour la damner en prison asservie.

Par ces yeux bruns ma raison fut ravie,
Et quelque part qu'Amour m'ait arresté,
Je ne sceu voir ailleurs autre beauté,
Tant ils sont seuls mon bien et mon envie.
D'autre esperon mon maistre ne me point,
Autres pensers en moy ne logent point,
D'un autre feu ma Muse ne s'enflame :
Ma main ne sçait cultiver autre nom,
Et mon papier ne s'esmaille, sinon
De leurs beautez que je sens dedans l'ame.
lundi 6 juillet 2009
rencontre, CMXIV

Aussi ne vous trompé-je pas lorsque je vous dis -et vous ne me croirez pas, bien sûr- que je suis ici une sorte de machine : petite main sur son clavier pour seule caresse, créature bien éloignée du corps ou des corps que vous avez pu tout au long de ces derniers jours imaginer...
De cette imagination qui nous mène si souvent par le bout des sens, jusqu'à nous y égarer, jusqu'à nous faire danser follement sur le fil de notre peau. Quand ce n'est pas sur celui de notre coeur, en une manière de tourbillon sensuel qui va si souvent jusqu'au vertige, et bien au-delà parfois, jusqu'à ce cuisant et si délicieux état que l'on nomme je crois passion.
Mais ne vivons-nous pas dans un monde censé être raisonnable ? Mais ne jouons-nous pas au quotidien, à tous les quotidiens, cet autre jeu connu, ce jeu né lui d'une tout autre règle, une règle que d'aucuns nommeront de survie, et je pense qu'ils auront raison.
C'est pourquoi j'ai la certitude qu'il est bon, excellent même, de considérer ce curieux endroit d'où je parle et me montre à ma manière comme ce que j'appellerais pour ma part le territoire de nos extérieurs intérieurs, de cette fraction de nous-mêmes qu'il nous est impossible de fréquenter dans la course de nos jours ordinaires (et c'est quasiment toujours une course) : territoire clos et infini à la fois, qui constitue cette expression nécessaire de notre essence intime sans laquelle, très vite, il nous serait également parfaitement impossible de survivre, et encore bien moins, naturellement, de vivre.
Exhibitionniste de cet intime, ou pour employer un terme plus doux à mon âme, montreuse d'une être seulement mais pleinement humaine, oui, je le suis. Et, pour user d'une autre expression de notre actuelle modernité, je l'assume.
Croyez cependant bien que ce choix, initialement engagé sur un coup de ces dés qui plaisent tant aux poètes, doit autant à l'Amour qu'à celui, plus sulfureux, d'une sensualité que les années n'ont fait que rendre plus ardente -et cela également, j'en assume la pleine responsabilité.
C'est pourquoi le voyage continue. C'est pourquoi je ne peux que vous inviter à le poursuivre avec moi, je n'ose dire en ma compagnie. Soeur et fille d'Arthur, de Claude, de Camille, de tant d'autres encore, enfant surtout de ma toute-première mère Sappho, je souhaite simplement que ce feu qui me court depuis si longtemps du coeur au ventre ne soit jamais chez vous source d'une quelconque brûlure, mais bien au contraire de ces sortes d'éclats qui nous viennent parfois à nous filles, et qui font cet universel secret partagé par nous depuis l'origine des mondes.
De ce même Amour à vous tout entier, je vous embrasse d'un vrai baiser.
-Et vous savez, mademoiselle Lau, ma langue, comme mon coeur, sera toujours pour vous à la fois suave et décidée : mi-ange, mi-animale.
rencontre, CMXIII
No estés lejos de mí un solo día, porque cómo,
porque, no sé decirlo, es largo el día,
y te estaré esperando como en las estaciones
cuando en alguna parte se durmieron los trenes.
No te vayas por una hora porque entonces
en esa hora se juntan las gotas del desvelo
y tal vez todo el humo que anda buscando casa
venga a matar aún mi corazón perdido.
Ay que no se quebrante tu silueta en la arena,
ay que no vuelen tus párpados en la ausencia :
no te vayas por un minuto, bienamada,
porque en ese minuto te habrás ido tan lejos
que yo cruzaré toda la tierra preguntando
dimanche 5 juillet 2009
samedi 4 juillet 2009
rencontre, CMXI
Mademoiselle Lau m'envoie des poèmes. Mademoiselles Lau possède une âme douce et très fréquentable, que j'ai plaisir à vous présenter.

La différence entre les âmes douces et les autres tient souvent à très peu de choses, et requiert en fait un regard aiguisé.
Ainsi va chez les statuaires la nuance entre les chairs et les marbres :

rencontre, CMX
Sur le patron de tous les dieus ensemble
Nature avoit ton esprit façoné,
Et d'un tel cors l'avoit environé
Que rien en toi de mortel ne nous semble.
De chacun d'eus les puissances elle emble
Qu'à toi, son seul miracle, elle a doné,
Tant que le ciel restant tout etoné
Contre ces dons jalousement s'assemble.
Qui contre toi va l'envie enflamant,
Qui contre toi va l'Ignorance armant,
Mais de ces deus ont peu valu les forces :
L'Amour en fin s'oposant à ton cueur
Pour tous les dieus s'étoit rendu vainqueur,

Quand l'Amour mesme en tes amours tu forces.
vendredi 3 juillet 2009
rencontre, CMVIII
Ma beauté mon amour oh que la vie est belle
Quand sur mon coeur à fleur de peau tu viens dormant
Me rapporter ce rêve où l'on voit les amants
S'échanger des baisers d'indicibles voyelles
Ma beauté mon amour oh que la vie est belle
Et douce et nue comme un rayon de nuit berçant
Ce trouble obscur qui vient aux corps aimants
Saisis du fauve élan de leur âme nouvelle
Mais songe en ton beau rêve à la rumeur vermeille
Courant dessous ta peau filant comme un soleil
Dire à tout va ce feu qu'a ton désir ardant

Jusqu'à cet incendie sa cendre sans pareille
Qui s'écrit dans le sang le sanglot des enfants
Que la nuit a unis que le matin réveille
rencontre, CMVII
Tu nombre
Trato de escribir en la oscuridad tu nombre.
Trato de escribir que te amo.
Trato de decir a oscuras todo esto.
No quiero que nadie se entere,
que nadie me mire a las tres de la mañana
paseando de un lado a otro de la estancia,
loco, lleno de ti, enamorado.
Iluminado, ciego, lleno de ti, derramándote.
Digo tu nombre con todo el silencio de la noche,
lo grita mi corazón amordazado.
Repito tu nombre, vuelvo a decirlo,
lo digo incansablemente,

y estoy seguro que habrá de amanecer.
jeudi 2 juillet 2009
rencontre, CMV
Pour Laurence...
Grava ton nom au roc de ma memoire,
Quand ton regard, où flamboyoit ta gloire,
Me fit sentir le foudre de tes yeux,
Mon coeur attaint d'un éclair rigoreux
Pour eviter ta nouvelle victoire,
S'alla cacher sous tes ondes d'yvoire,
Et sous l'abri de ton chef amoureux.
Là, se mocquant de l'aigreur de ma playe,
En seureté par tes cheveux s'égaye,
Tout resjouy des rais de ton flambeau ;
Et tellement il aime son hostesse,
Que pale et froid sans retourner, me laisse,

Comme un esprit qui fuit de son tombeau.
mercredi 1 juillet 2009
mardi 30 juin 2009
rencontre, CMI
lundi 29 juin 2009
dimanche 28 juin 2009
samedi 27 juin 2009
rencontre, DCCCXCVIII
Je vous aime, mon corps, qui fûtes son désir,
Son champ de jouissance et son jardin d'extase
Où se retrouve encor le goût de son plaisir
Comme un rare parfum dans un précieux vase.
Je vous aime, mes yeux, qui restiez éblouis
Dans l'émerveillement qu'il traînait à sa suite
Et qui gardez au fond de vous, comme en deux puits,
Le reflet persistant de sa beauté détruite.
Je vous aime, mes bras, qui mettiez à son cou
Le souple enlacement des languides tendresses.
Je vous aime, mes doigts experts, qui saviez où
Prodiguer mieux le lent frôlement des caresses.
Je vous aime, mon front, où bouillonne sans fin
Ma pensée à la sienne à jamais enchaînée
Et pour avoir saigné sous sa morsure, enfin,
Je vous aime surtout, ô ma bouche fanée.
Je vous aime, mon coeur, qui scandiez à grands coups
Le rythme exaspéré des amoureuses fièvres,
Et mes pieds nus noués aux siens et mes genoux
Rivés à ses genoux et ma peau sous ses lèvres...
Je vous aime ma chair, qui faisiez à sa chair
Un tabernacle ardent de volupté parfaite
Et qui preniez de lui le meilleur, le plus cher,
Toujours rassasiée et jamais satisfaite.
Et je t'aime, ô mon âme avide, toi qui pars
- Nouvelle Isis - tentant la recherche éperdue
Des atomes dissous, des effluves épars
De son être où toi-même as soif d'être perdue.
Je suis le temple vide où tout culte a cessé
Sur l'inutile autel déserté par l'idole ;
Je suis le feu qui danse à l'âtre délaissé,
Le brasier qui n'échauffe rien, la torche folle...
Et ce besoin d'aimer qui n'a plus son emploi
Dans la mort, à présent retombe sur moi-même.
Et puisque, ô mon amour, vous êtes tout en moi
Résorbé, c'est bien vous que j'aime si je m'aime.
vendredi 26 juin 2009
jeudi 25 juin 2009
mercredi 24 juin 2009
mardi 23 juin 2009
lundi 22 juin 2009
rencontre, DCCCXCI
La mer est grise à l'aube, argentine et docile,
Chargée de ces oiseaux qui s'en font un asile
Et la brume légère en timide baigneuse
Habille de coton la vague paresseuse

Au zénith son éclat se moire de saphir
Et son or pailleté scintille d'élixir
De jouvence saline au parfum d'algues blondes
Venues de quels ailleurs en rondes vagabondes
Teintée de rose au soir dans le soleil couchant,
Elle s'unit à lui en tempo déchirant
Dans un hymen royal de lapis-lazuli
Dans le silence bleu de ses bains de minuit
Elle offre ses saveurs ainsi qu'on fait d'un fruit,
Conquise, elle reçoit l'étreinte de la nuit
dimanche 21 juin 2009
rencontre, DCCCXC
Les couloirs et les bancs d'azuelos habillés
Tout vibrants de vapeur et d'effluves mêlés
Ont accueilli ce soir la jeune fiancée
Dans leur pénombre chaude au silence adonnée.

Une fouta nouée en toge impériale,
Elle emplit de parfums ses mains de bronze pâle
Versés d'une coupelle en cuivre martelé
Par l'altière masseuse au sourire voilé.
Son corps brûlant s'anime à l'eau fraîche jetée
Sur les dalles de pierre aux carreaux descellés
Et l'argile labile en gestes prodigués
Donne encore à sa peau une empreinte lissée.
Elle sourit de voir les fillettes rieuses
Se presser autour d'elle en bandes curieuses
Des secrets révélés par ce rituel antique
D'une promesse faite à la nuit balsamique.
Les cris de joie s'élèvent, les rires et les chants
Se parent de thé rouge et de miel triomphants,
Tandis que l'eau de rose en senteur dérobée
S'unit à la gaieté de jasmin imprégnée.
Elle quitte les lieux de sa démarche lente
Escortée de sa mère en stature imposante,
Offrant de sa splendeur descendue d'une fresque
A l'odalisque en fleur son corps en arabesque.
samedi 20 juin 2009
vendredi 19 juin 2009
jeudi 18 juin 2009
mercredi 17 juin 2009
mardi 16 juin 2009
rencontre, DCCCLXXXIV
VALE
La grande amour que vous m'aviez donnée
Où fut la flamme, où fut la destinée
Où nous étions, où par la main serrées
Notre soleil, dont l'ardeur fut pensée
L'orbe pour nous de l'être sans second
Le second ciel d'une âme divisée
Le double exil où le double se fond.
Son lieu pour vous apparaît cendre et crainte,
Vos yeux vers lui ne l'ont pas reconnu
L'astre enchanté qui portait hors d'atteinte
L'extrême instant de notre seule étreinte
Vers l'inconnu.
Mais le futur dont vous attendez vivre
Est moins présent que le bien disparu.
Toute vendange à la fin qu'il vous livre
Vous la boirez sans pouvoir être qu'ivre
Du vin perdu.
J'ai retrouvé le céleste et sauvage
Le paradis où l'angoisse est désir.
Le haut passé qui grandi d'âge en âge
Il est mon corps et sera mon partage
Après mourir.
Quand dans un corps ma délice oubliée
Où fut ton nom, prendra forme de cœur
Je revivrai notre grande journée,
Et cette amour que je t'avais donnée
Pour la douleur.
lundi 15 juin 2009
rencontre, DCCCLXXXIII
Je t'enlise, je t'enrobe, je te love, je te veux
Je te vise, te bombarde, et je te prends d'assaut.
Je ne te laisse pas le temps, je t'invite,
Je t'emperle, je t'envoûte, je t'attends.
J'ai tellement envie de toi.
Je t'envahis, je t'environne, je suis partout à la fois.
Je suis de tous les départs
que tu prendras au hasard
pour ne plus m'entendre te répéter que je t'aime
t'enlise, te veux, t'attends,
te vise, te prends, te laisse,
t'embobine à chaque pas, te frise, te lisse, te lèche,
t'use et ruse, charme et louvoie.
Et du plus loin que tu sois,
je suis ta dernière demeure

et tu chemines vers moi.
dimanche 14 juin 2009
samedi 13 juin 2009
vendredi 12 juin 2009
rencontre, DCCCLXXX
Mais au fond, au fond et non d'une manière superficielle et immédiate -à quoi tant aujourd'hui pourtant s'arrêtent, au fond donc ou autrement dit en termes

QU'EST-CE QUE CELA CHANGERAIT ?
jeudi 11 juin 2009
rencontre, DCCCLXXIX
Je demande mon chemin
elle me répond
ton chemin c'est la danse
de tes reins de tes seins
de ton sexe où balance
le pas léger de mes doigts
Silence
ton chemin c'est la danse
ce corps à corps avec Celle
qui lentement t'épelle
ce mot tout neuf du bel Emoi
Silence
ton chemin c'est la danse
cent caresses et le goût de ma langue
courant
à cru ta bouche en tous les sens
dressant
dans ton coeur une carte du ciel

mercredi 10 juin 2009
mardi 9 juin 2009
rencontre, DCCCLXXVII
Perce-moi l'estomac d'une amoureuse flèche,
Brûle tous mes désirs d'un feu étincelant,
Élève mon esprit d'un désir excellent,
Foudroie de ton bras l'obstacle qui l'empêche.
Si le divin brandon de ta flamme me sèche,
Fais sourdre de mes yeux un fleuve ruisselant :
Qu'au plus profond du coeur je porte recélant,
Des traits de ton amour la gracieuse brèche.
Puisque tu n'es qu'amour, ô douce charité,
Puisque pour trop aimer tu nous as mérité
Tant de biens infinis et d'admirables grâces,

Je te veux supplier par ce puissant effort
De l'amour infini qui t'a causé la mort,
Qu'en tes rets amoureux mon âme tu enlaces.
lundi 8 juin 2009
rencontre, DCCCLXXVI
dimanche 7 juin 2009
samedi 6 juin 2009
vendredi 5 juin 2009
rencontre, DCCCLXXIII
J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.
Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir.
La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est toute embaumée…
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.
jeudi 4 juin 2009
mercredi 3 juin 2009
mardi 2 juin 2009
rencontre, DCCCLXX
lundi 1 juin 2009
rencontre, DCCCLXIX
dimanche 31 mai 2009
samedi 30 mai 2009
vendredi 29 mai 2009
rencontre, DCCCLXV
jeudi 28 mai 2009
mercredi 27 mai 2009
mardi 26 mai 2009
lundi 25 mai 2009
dimanche 24 mai 2009
rencontre, DCCCLIX
Es hoy : todo el ayer se fue cayendo
entre dedos de luz y ojos de sueño,
mañana llegará con pasos verdes :
nadie detiene el río de la aurora

Nadie detiene el río de tus manos,
los ojos de tu sueño, bienamada,
eres temblor del tiempo que transcurre
entre luz vertical y sol sombrío,
y el cielo cierra sobre ti sus alas
llevándote y trayéndote a mis brazos
con puntual, misteriosa cortesía :
por eso canto al día y a la luna,
al mar, al tiempo, a todos los planetas,
a tu voz diurna y a tu piel nocturna
samedi 23 mai 2009
rencontre, DCCCVIII
rencontre, DCCCLVII
Le petit Homme n'est pas tissé que de jolis baisers, hélas, trois fois, trois cents, trois mille fois hélas...
Ces chaînes que nous portons tous au coeur, et qui le font saigner : et qui le font parfois se souvenir de lui-même.
Mais moi j'aimerais de lui plutôt des promesses, oui, des promesses,

vendredi 22 mai 2009
jeudi 21 mai 2009
mercredi 20 mai 2009
rencontre, DCCCLIII
mardi 19 mai 2009
lundi 18 mai 2009
rencontre, DCCCLI
dimanche 17 mai 2009
rencontre, DCCCL
TARTUFFE. Il tire un mouchoir de sa poche.
Ah ! mon Dieu, je vous prie,
Avant que de parler prenez-moi ce mouchoir.
DORINE
Comment ?
TARTUFFE
Couvrez ce sein que je ne saurais voir :
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées.

DORINE
Vous êtes donc bien tendre à la tentation,
Et la chair sur vos sens fait grande impression !
Certes, je ne sais pas quelle chaleur vous monte :
Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte,
Et je vous verrais nu du haut jusques en bas,
Que toute votre peau ne me tenterait pas.
rencontre, DCCCXLIX
samedi 16 mai 2009
rencontre, DCCCXLVIII
vendredi 15 mai 2009
rencontre, DCCCXLVII
Elle n'avait pas tout dit :
la caresse de sa hanche
sur une main avide
ses lèvres humides
par la gourmandise d'un baiser
Elle n'avait pas tout dit :
le chant de sa chevelure
qui lui faisait tourner la tête
et déployer ses bras en croix
dans l'attente d'un sacrifice délectable

Elle n'avait pas tout dit :
le défi lancé après l'offrande
quand le bout de son pied de satin
étoilé d'écailles de roses
pointait insolemment entre les draps défaits






















































































