lundi 31 décembre 2007

rencontre, CCII



PRIDIE KALENDAS



Mais voilà qu'il ne me reste plus qu'un jour. Qu'un tout petit jour d'après le Solstice d'hiver, un jour si bref et si fragile encore, si éloigné de tout printemps que celui-ci en paraît presque inconcevable...

Et alors, dans cette Histoire qui pourrait bien n'être qu'un conte, qu'une vision de cette Machine à laquelle tout cela a été depuis le début confié, je me mets à me demander moi-même si...

Mes Compagnes auraient-elles eu raison ? Tout ceci n'est-il que nouvelle folie de ma part ? Déraison d'une âme égarée dans une époque qui n'est plus vraiment ou pas encore la sienne ? Illusion, illusion de mots et d'images transitoires par quoi tout cela passe ici, à quoi tout cela se réduit peut-être...

Je cherche de nouveaux signes, comme une enfant égarée je demande des visages familiers : mes doigts parcourent le velours des murailles, mais n'y trouvent encore pour caresses que des sortes d'échos de pierres muettes, des miroirs d'aspérités obscures... Et venant à la rencontre de mes lèvres, nulle langue, nulle haleine même qui me soit connue...

Dois-je le franchir vraiment, ce pas symbolique d'une année nouvelle qui marquera le nouveau seuil de ma quête, le plus exaltant mais le plus difficile aussi, l'impossible si souvent : celui de ma rencontre avec les êtres d'ici ?

Je regrette, oui je regrette en cet instant la veine d'où je suis tirée, celle de ce marbre clair du pays d'où je viens, je regrette ce sang tiède fait de ses vignes et de ses soleils, celui qui coulait dans le corps de Paulina, juste avant, et qui savait si bien enivrer son coeur, lui faire oublier , un temps, cet éternel voyage...

Paulina ! Doit-elle donc être sage, une nouvelle fois, être raisonnable, être digne de tous les silences, de tous les accommodements, de toutes les compromis : et renoncer à poursuivre, à se poursuivre ?

Mais raisonnable est un mot que je ne sais plus traduire.

Trop tard. Trop tôt. Il faut me pardonner. Et puis, sur la frontière des simulacres, de tous ces simulacres qui n'auront cessé d'accompagner mon âme, toujours, toujours et toujours, il y a une nouvelle fois cet indicible sourire qui me répète : va !







Alors je vais.



dimanche 30 décembre 2007

rencontre, CCI


Ce palais aux cent pièces et aux cent princesses marquait cependant de son empreinte celle des Voyageuses qui une nuit, une seule nuit s'y était arrêtée. Il me restait alors, parmi le trouble, sinon la confusion qui pouvait à son réveil s'emparer de ses hôtes, à démêler du monde des illusions ceux des visages qui appartenaient à la réalité, cette réalité qui un jour m'avait fait prendre le chemin étroit qui menait à Léa, ce chemin si difficile et auquel tant de mes proches compagnes m'avaient à plusieurs reprises incitée à renoncer.

Et pourtant ! Nul ne l'ignorait vraiment mon entêtement, ni ma détermination un peu folle à poursuivre une chimère lorsque l'intuition m'en avait donné le signal, sinon l'ordre : cet ordre secret du Coeur au respect duquel je me suis toujours engagée, et qui nourrit sans doute la force qui me pousse aujourd'hui ...

Il me fallait donc entreprendre cette nouvelle épreuve de ma quête : après avoir mis à nu mon coeur, mettre véritablement à la même lumière celui des ces regards qui m'avait, alors que je ne l'avais pas encore fixé véritablement, éblouie.





Eblouie. De cet éblouissement qui précisément ne devait pas m'aveugler, et me perdre, comme tant d'autres avant moi, mais bien au contraire me mener à cette reconnaissance lumineuse vers quoi sont portées les âmes jumelles lorsque, vêtues de nouvelles apparences, et mises à la redoutable épreuve du Temps, elles doivent malgré tout se reconnaître et, s'étant reconnues, si elles y parviennent jamais, se réunir à nouveau.





Se réunir pour y unir la toute-puissance de leur Amour.

De cet Amour qui, seul, pourra changer le Monde.



samedi 29 décembre 2007

rencontre, CC



PVLCHERRIMA LEA







VRIT SEV TYRIA VOLVIT PROCEDERE PALLA
VRIT SEV NIVEA CANDIDA VESTE VENIT
TALIS IN AETERNO FELIX VERTVMNVS OLYMPO
MILLE HABET ORNATVS MILLE DECENTER HABET
SOLA PVELLARVM DIGNA EST CVI MOLLIA CARIS
VELLERA DET SVCIS BIS MADEFACTA TYROS
POSSIDEATQVE METIT QVIDQVID BENE OLENTIBVS ARVIS
CVLTOR ODORATAE DIVES ARABS SEGETIS
ET QVASCVMQVE NIGER RVBRO DE LITORE GEMMAS
PROXIMVS EOIS COLLIGIT INDVS AQVIS






HANC VOS PIERIDES FESTIS CANTATE KALENDIS
ET TESTVDINEA PHOEBE SVPERBE LYRA
HOC SOLLEMNE SACRVM MVLTOS HAEC SVMET IN ANNOS
DIGNIOR EST VESTRO NVLLA PVELLA CHORO



vendredi 28 décembre 2007

rencontre, CXCIX


Là-bas,

j'habitais un grand Palais

fait

de plus de cent pièces et cent princesses







Mais

notre coeur était un seul

un seul et même et si unique

que toutes

elles n'avaient de cesse

de trouver ça magique

que toutes






elles Le désignaient



jeudi 27 décembre 2007

rencontre, CXCVIII


J'ai crainte, et j'ai eu froid. Sois avec moi
contre la nuit du froid -comme au tertre des Rois,
face à la mer, et pour le rite du Solstice, l'astre rouge
par le prêtre attaché à son montant de pierre noire...






Tiens-moi plus fort contre le doute et le reflux de la

Mort...



mercredi 26 décembre 2007

rencontre, CXCVII



SOGNO DI UNA NOTTE DI NATALE II



Car

Des nuits avaient passé

Des jours entiers

Loin de ma Belle

Belle bella

Bellissima





Et ma Belle

Belle bella

Bellissima

Lea

m'avait-elle





oubliée ?


rencontre, CXCVI


SOGNO DI UNA NOTTE DI NATALE I



Tu pensavi : "che cosa mi regalera ?"

Finalmente è venuto Natale
eccomi qui alla porta, e tutto
è Natale scrupolosamente
l'esatto sogno dei bambini
col gelo col grigio col vento
che fa turbinare quei cosi
di ghiaccio e di neve e le famiglie
che si chiudono come valve
tram fermi automobili poche
eccomi qui da te col regalo
io che te lo avevo promesso
ciao ciao ho avuto la forza
di arrivare fin qui se non altro...

Ma dico : quando l'avrai consumato
e resterà un fogliettino
un fagiolo un cece un nulla
e ti scivolerà fra le dita
precipitando giù nel lavantino
dico, amore, per un istante almeno







ti ricorderai di me ?



mardi 25 décembre 2007

rencontre, CXCV


Tal era io a quella vista nova :

veder voleva come si convenne

l'imago al cerchio e come vi s'indova ;

ma non eran da ciò le proprie penne :

se non che la mia mente fu percossa

da un fulgore in che sua voglia venne.

A l'alta fantasia qui mancò possa ;

ma già volgeva il mio disio e 'l velle,

si come rota ch'igualmente è mossa,






l'amor che move il sole e l'altre stelle


lundi 24 décembre 2007

rencontre, CXCIV


O luce etterna che sola in te sidi,

sola t'intendi, e da te intelletta






e intendente te ami arridi !



rencontre, CXCIII



O quanto è corto il dire e come fioco

al mio concetto ! e questo, a quel ch'i' vidi,







è tanto, che non basta a dicer 'poco' !



dimanche 23 décembre 2007

rencontre, CXCII


O grande angelo nero

fuligginoso riparami

sotto le tue alli

che io possa sorradere

i pettini dei pruni, le luminarie dei forni

e inginocchiarmi

sui tizzi spenti se mai

vi resti qualche frangia





delle tue penne



samedi 22 décembre 2007

rerncontre, CXCI



Alors que nos corps saisis de tremblements

salés et chauds

comme une salive s'unissaient





à la Mer





comme un baiser, Léa






Lions of flaming fire

raging around & melting the metals into living fluids !



rencontre, CXC


Léa,

si loin du ciel ancien




this marble built heaven !


vendredi 21 décembre 2007

rencontre, CLXXXIX



Puis nous fûmes sur les Autres Bordées du Monde





Léa et moi entrées

d'un coup par une faille, en quelque sorte

de ses paupières

alors que






Ancient wonders frown over the Kingdom

and cries of women and babes are heard



jeudi 20 décembre 2007

rencontre, CLXXXVIII


When I came home : on the abyss of the five senses, where a flat sided steep frowns over the present world, I saw a mighty Devil folded in black clouds, hovering on the sides of the rock : with corroding fires he wrote the following sentence now percieved by the minds of men, & read by them on earth :


How do you know but ev'ry Bird that cuts the airy way

Is an immense world of delight, clos'd by your






senses five ?



mercredi 19 décembre 2007

rencontre, CLXXXVII


Since brass, nor stone, nor earth, nor boundless sea,
But sad mortality o'ersways their power,
How with this rage shall beauty hold a plea,
Whose action is no stronger than a flower ?

O, how shall summer's honey-breath hold out
Against the wreckful siege of battering days,
When rocks impregnable are not so stout,
Nor gates of steel so strong, but Time decays ?

O fearful meditation ! where, alack,
Shall Time's best jewel from Time's chest lie hid ?
Or what strong hand can hold his swift foot back ?
Or who his spoil of beauty can forbid ?






O, none, unless this miracle have might,
That in black ink my love may still shine bright



mardi 18 décembre 2007

rencontre, CLXXXVI


Ed ecco si leva e scompare

Il vento : ecco torna dal mare




Ed ecco sentiamo ansimare






Il cuore che ci amò di più !


rencontre, CLXXXV


j'entrai

ce matin-là

avec Toi, Léa






dans le chemin difficile et sauvage


lundi 17 décembre 2007

rencontre, CLXXXIV



Mais que la Mort






mord







dans ce dernier baiser

que vos lèvres déchues n'ont plus su







retenir



dimanche 16 décembre 2007

rencontre, CLXXXIII



Forme si douce


O Soeurs


lorsque la Vie






vous embrassa



rencontre, CLXXXII


Dormantes Amantes


au corps


d'or


oublié






et dont le regard


déli


catement se redresse


un temps


puis


nous fixe






forme douce




rencontre, CLXXXI



Oh corps

de tant de créatures dou

loureuses




de tant de créatures do

lantes





dont la mémoire est à peine

dépossédée de sa terre

dor

mante...





vendredi 14 décembre 2007

rencontre, CLXXX



Ce sont ces mondes aux cent mille multiples visages




qui nous ont précédées


rencontre, CLXXIX


Dès le franchissement
opéré





l'illusion
clairement





levée



jeudi 13 décembre 2007

rencontre, CLXXVIII


Je

commence avec Toi

Léa

le franchissement des mondes

- des deux mondes

dis-tu

-possible

possible ou bien peu

importe

seul

nous

attend

le


Nouveau







L'ETERNEL NOUVEAU MONDE



mercredi 12 décembre 2007

mardi 11 décembre 2007

rencontre, CLXXV


Je vous laisse le poisson, qui probablement continuera à tourner longtemps, très longtemps. Vu sous un certain angle, il n'y a aucune raison pour que les choses changent : ça tourne, ça tourne, ça tourne tout simplement ; ça tourne de toutes parts et de tous temps tout simplement. En rond. Et c'est bien ça justement qui est pour moi désespérant,

absolument,

désespérément désespérant.





Et moi je ne suis pas désespérée.


Je suis juste belle


belle



ET JE SUIS VIVANTE.



rencontre, CLXXIV


C'était un jour de décembre. Un onze, et bien gris. Et il y avait devant moi ce poisson crétin à tourner en rond et de l'autre côté la mer. Crétin parce qu'il ne l'avait même pas vu, l'autre côté. La mer entière qui le regardait et lui, rien. Comment dit-on que ça s'appelle, tout ça, ai-je alors pensé :

LA VIE ?





C'est le jour même et l'instant où j'ai décidé

de partir avec Elle,


de l'autre côté.


lundi 10 décembre 2007

rencontre, CLXXIII


Mais peut-être ai-je été, comme à l'accoutumée

trop vive

bien trop rapide, oui

trop désireuse de ces métamorphoses à cette heure

immobiles

encore





encore à leur respiration de pierre


à leurs langues


empesées



dimanche 9 décembre 2007

rencontre, CLXXII


Pour se réunir

enfin






Briser le miroir pour en tirer l'Eclat de Soi



samedi 8 décembre 2007

rencontre, CLXXI


Mais il faut pour cela s'élancer

s'élancer

et puis le chevaucher

le chevaucher encore et puis le dompter





LE LION DE LEUR CHUTE


vendredi 7 décembre 2007

rencontre, CLXX


Naturellement





certaines de ces feuilles tentent


de fuir


il faut alors les rattraper



jeudi 6 décembre 2007

rencontre, CLXIX


LEA,


c'est la petite ramasseuse de feuilles mortes, celle que nous avons déjà rencontrée l'autre jour, du côté du début de l'automne. L'autre fois, il n'y en avait encore qu'une seule. Mais à présent, comme le nombre de celles-ci a considérablement augmenté, avec tout ce vent, avec toute cette pluie, avec tout ce gel aussi, avec toute cette accumulation de grandes et de petites intempéries de saison, Léa sait qu'elle a désormais de l'ouvrage, beaucoup d'ouvrage...

Elle le sait si bien que dès aujourd'hui elle s'active, s'active à nettoyer les pavés gris de son enfance, à mettre un peu d'ordre dans tout ça.





Histoire de préparer le Printemps, en quelque sorte.



mercredi 5 décembre 2007

mardi 4 décembre 2007

rencontre, CLXVII



Elle revenait de loin, cette voix.


Et ce Livre ! Car enfin quoi, qu'est-ce que c'est que cette histoire de Livre, et Celui-là, et tout premier lieu ? La foule considérables des ouvrages que j'avais lus jusque-là, mais dont, il faut bien le dire, je n'avais rien retenu. Rien. Absolument rien. Même pas les fines gravures qui les agrémentaient parfois. Non, rien.





Rien qu'une très très grande page blanche,
cernée d'ombres plus grandes encore.


rencontre, CLXVI



Mais avant que je n'en aie bien saisi le sens





"Il est grand temps que tout ce songe te réveille..."

me fit, sonore

une petite voix d'encre

surgie du Livre